Combien de fois ton enfant est invité chez des amis depuis le début des vacances?

Petite fille sans invitation d'anniversaire pendant que d'autres enfants en tiennent une, illustrant le harcèlement social et l'exclusion chez l'enfant

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Pourquoi être invité ou inviter des amis peut être un signe de harcèlement?

Une invitation d’anniversaire, ça semble anodin.
Et pourtant, ça en dit long sur la place que ton enfant occupe dans son groupe.

Un enfant qui invite, c’est un enfant qui se sent assez légitime pour proposer.
Un enfant qui est invité, c’est un enfant que les autres ont envie d’avoir près d’eux. L’enfant qui invite ou qui est invité est un enfant qui a créé du lien avec les autres.

Quand ni l’un ni l’autre n’arrive, ce n’est pas toujours un hasard.
Ça peut être le signe d’un enfant mis à l’écart, sans bruit, sans conflit visible.
Le genre d’exclusion qui ne laisse pas de trace, mais qui pèse tout de même.

Les enfants ont besoin d’avoir des contacts entre eux pour répondre à leurs différents besoins. Le besoin d’appartenance, le besoin de reconnaissance, le besoin de contact… ce sont les besoins sociaux, et ils sont tout aussi importants que le besoin de manger, boire, dormir ou encore d’aller aux toilettes…

Le harcèlement social, l’exclusion…

Le harcèlement ne laisse pas toujours une marque visible.
Il n’y a pas toujours un coup, une insulte, une bousculade.

Le harcèlement social, c’est celui qui exclut, qui met à l’écart, petit à petit, sans un mot.

Ton enfant n’est pas invité, on ne lui parle plus dans la cour, on le laisse de côté quand les groupes se forment.

Personne ne frappe, personne ne crie. Et pourtant, ton enfant encaisse, seul, une mise à l’écart répétée.

C’est une forme de harcèlement plus difficile à repérer, parce qu’elle ne se voit pas. Pas de bleu, pas de mot bien placé qui choque, juste une absence, qui se répète, semaine après semaine.

Il n’est pas moral d’obliger un enfant à jouer avec un autre. Alors lorsqu’un enfant vient exprimer le fait d’être exclu, les professionnel·le·s sont particulièrement démuni·e·s.

Découvre les comportements qui peuvent mener à l’exclusion.

Certains comportements, sans qu’on s’en rende toujours compte, éloignent les autres enfants plutôt que de les rapprocher.
En voici, quelques uns.

Rapporte tout à la maîtresse

Iel rapporte tout à la maîtresse, au moindre souci.
C’est souvent un enfant qui ne sait pas encore gérer un conflit autrement que par un adulte. Iel a très bien appris le « va le dire à la maîtresse ».

Pour le groupe, ça casse la confiance.
Personne n’a envie de jouer avec quelqu’un qui pourrait « cafarder » au premier désaccord.

Pleure ou explose (émotion non régulée)

Iel pleure au moindre pépin, ou explose de colère « pour un rien ».

L’émotion est réelle, mais elle sort brute, sans filtre, non régulée, et ça déstabilise les autres enfants, qui ne savent pas comment réagir.

À force, le groupe évite plutôt que d’affronter cette intensité.

N'ose pas s'affirmer

Un enfant qui n’ose jamais dire ce qu’iel pense, ce qu’iel veut, ce qu’iel aime, devient invisible.

On ne l’invite pas parce qu’on ne sait pas qui iel est vraiment, iel ne s’est jamais montré·e.

Dans les relations, chaque personne a besoin que le lien soit nourri, d’avoir des ressemblances et également des différences.
L’enfant qui ne s’exprime pas ne nourrit pas la relation comme les autres en ont besoin.

Les enfants qui n’osent pas dire ce qu’iels pensent sont des enfants qui répondent à différents besoins ou se préservent de possibles dangers (le besoin d’être aimé·e, le besoin de plaire, la peur d’être différent·e).

Ne pose pas ses limites

Un enfant qui ne pose pas ses limites se fait déborder, sans jamais dire stop.
C’est aussi un enfant à qui il est possible de tout faire, ou de tout faire faire, ce n’est toutefois pas un enfant qui intéresse le groupe d’enfants.

À l’inverse, un enfant qui ne respecte pas celles des autres est vite évité, car il installe l’insécurité dans la relation.

Dit toujours oui

Iel dit toujours oui, à tout, pour ne pas déplaire.

Iel disparaît dans le groupe plutôt que d’y exister vraiment, et les autres enfants, sans le vouloir, cessent de la·le voir comme une personne à part entière.

Ne perçoit pas les codes sociaux

Iel ne perçoit pas toujours les règles sociales implicites : le bon moment pour parler, la juste distance, le ton adapté.
Sans mauvaise intention, iel crée des frictions, des malaises dans le groupe qui, à répétition, l’isolent du groupe.

Comment faire pour que mon enfant soit invité chez des amis?

Le meilleur moyen pour que ton enfant soit invité chez des amis, c’est de lui apprendre à prendre sa place, à s’affirmer, se respecter et respecter les autres.

Observe d’abord, sans intervenir tout de suite.
Est-ce que ton enfant ose proposer un jeu ?
Est-ce qu’il sait dire non quand quelque chose ne lui convient pas ?
Est-ce qu’il exprime ce qu’il ressent, ou est-ce qu’il se tait pour ne pas déplaire ?

Ce sont ces petites choses, répétées, qui construisent ou fragilisent la place d’un enfant dans un groupe.

Si tu veux aller plus loin dans l’observation, tu peux aussi jeter un œil au bulletin qu’on n’ose jamais faire — il t’aide à situer où en est ton enfant sur ces mêmes compétences.

Et surtout, garde en tête qu’aucun de ces comportements n’est figé. Ce qui n’est pas encore là peut se construire, un peu chaque jour.

Les outils concrets

Quelques pistes concrètes pour aider ton enfant à construire ces compétences, dès cet été :

Les jeux de rôle en famille : mets en scène une situation (demander à jouer, dire non, proposer une idée) et laisse ton enfant s’entraîner, sans enjeu réel.
Tous les comportements de ton enfant sont bons, ne le corrige pas.

Les jeux de société qui demandent d’attendre son tour, de négocier, ou d’accepter de perdre : ils entraînent la régulation émotionnelle et le respect des limites, sans que ça y ressemble.

Permets à ton enfant de faire ses propres choix le plus souvent possible : le choix des vêtements, le choix des activités, le choix des repas… Ton enfant a besoin de pouvoir pour prendre sa place.

Les Ateliers Orya : un espace pensé spécifiquement pour développer ces 5 compétences, en groupe, avec d’autres enfants qui vivent les mêmes apprentissages.

Inscris-toi à la liste mail pour recevoir chaque semaine une proposition pour accompagner ton enfant à construire les 5 compétences essentielles pour prendre sa place.

Tu veux en parler?

Une invitation, ou son absence, ne dit jamais tout d’un enfant.
Mais répétée, semaine après semaine, elle mérite qu’on y prête attention.

Ce n’est pas une fatalité. Ce sont des compétences qui se construisent, un peu chaque jour, avec de la patience et de la bienveillance.

Mon enfant ne veut jamais inviter d'amis, dois-je m'inquiéter ?

Certains enfants préfèrent un ou deux amis proches à un grand groupe, et c’est tout à fait sain.

Ton enfant est-il invité chez les autres, se retrouve-t-iel seul ou avec un petit groupe ?

Le vrai signal à surveiller, c’est l’absence de lien, pas la préférence pour la qualité plutôt que la quantité.

Non. Forcer ne construit pas la compétence, ça crée juste un moment inconfortable de plus. Mieux vaut l’accompagner à oser, pas à obéir.

Un enfant solitaire par tempérament reste globalement serein avec sa situation. Un enfant exclu, lui, en souffre : iel n’exprime pas vouloir rester seul, se referme, ou change de comportement. C’est la souffrance qui fait la différence, pas le nombre d’amis.

Dès le plus jeune âge, et à n’importe quel moment ensuite. Il n’y a pas d’âge limite pour apprendre à s’affirmer, poser ses limites, ou prendre sa place.
J’accompagne les enfants dès l’âge de 4 ans, car l’accompagnement que je propose nécessite la compréhension verbale. Toutefois, en famille, l’enfant l’apprend dans l’implicite, le non formel, par mimétisme et habitude. C’est donc dès la naissance que l’enfant peut l’apprendre.

Demande-lui pourquoi, sans insister. Parfois c’est de la timidité à accompagner, parfois c’est un vrai malaise avec ce groupe précis : les deux méritent une réponse différente.
Si le refus est récurrent, alors il est intéressant de te questionner sur les raisons de ces refus, car ça peut être un signe de harcèlement.